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Déc 10

Municipales : la fiscalité en tête des préoccupations des Français

Un peu plus de la moitié seulement des Français a l'intention d'aller voter aux municipales de 2014.

INFOGRAPHIE – À cent jours du scrutin de mars 2014, seuls 55 % des Français ont l’intention d’aller voter. 51 % se détermineront en fonction des engagements des candidats en matière d’impôts locaux.

Les impôts locaux font une arrivée en fanfare en tête des enjeux prioritaires des Français. C’est le principal enseignement du sondage OpinionWay réalisé pour Le Figaroet LCI. Toutes préférences partisanes confondues, la fiscalitéest citée par 51 % des personnes interrogées comme un élément qui sera déterminant dans leur vote auxmunicipales. La sécurité se place en deuxième position avec 32 % de citations, juste devant le développement économique et la création d’emplois. «L’importance accordée à la fiscalité est la grande nouveauté par rapport aux municipales de 2008, où le développement économique et des problèmes très locaux comme la circulation et le stationnement dominaient, souligne Bruno Jeanbart, directeur des études d’OpinionWay. La sécurité n’était pas non plus un enjeu prioritaire en 2008, mais elle l’était aux municipales de 2001.»

Tout en admettant l’existence d’un «ras-le-bol fiscal», pour reprendre la désormais célèbre formule du ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, les stratèges de la majorité estimaient jusqu’à présent que la diversité des mouvements de protestation empêcherait leur «coagulation». On n’additionne pas des «bonnets rouges», des «pigeons» et des «asphyxiés»! De fait, dans notre sondage, aucun parti ne semble bénéficier de cette exaspération. Pour Bruno Jeanbart, la prééminence de la question fiscale constitue une difficulté supplémentaire pour les candidats, «car les Français sont à la fois très en attente d’engagements sur ce terrain et très sceptiques quant à la probabilité que les promesses soient tenues». «Les candidats qui parviendront à être crédibles dans ce domaine feront la différence», prédit-il.

En attendant, c’est peut-être le niveau inhabituellement élevé de l’abstention qui traduit le mieux l’humeur des Français. 55 % seulement des électeurs inscrits sur les listes électorales ont l’intention d’aller voter en mars. 47 % des sondés déclarent que la campagne ne les «intéresse pas». Aux municipales de 2008, la participation s’était élevée à 66,5 % au premier tour, ce qui était, déjà, un niveau historiquement bas pour ce type de scrutin. Cette démobilisation avait contribué à l’écrasante victoire de la gauche, les électeurs de droite ayant boudé les urnes pour manifester leur déception vis-à-vis du tandem Sarkozy-Fillon.

«Les Français ont du mal à rentrer dans la campagne»

À trois mois de l’échéance, difficile de prédire que les mêmes causes produiront les mêmes effets au bénéfice de l’actuelle opposition. «Les Français ont du mal à rentrer dans la campagne», constate Bruno Jeanbart, directeur des études politiques d’OpinionWay. Le poids respectif des motivations locales et des motivations nationales est l’une des données les plus susceptibles d’évoluer en fonction de la participation. Dans notre enquête, les motivations locales l’emportent largement. 71 % des sondés affirment qu’ils se détermineront en fonction du «projet des candidats», 70 % en fonction du bilan du maire sortant et 56 % jugeront «la personnalité des candidats».

Mais 42 % veulent aussi exprimer leur «mécontentement à l’égard du gouvernement». Cette proportion monte à 64 % parmi les électeurs de Nicolas Sarkozy, à 63 % parmi ceux de Marine Le Pen et n’est que de 19 % chez les électeurs de François Hollande. Notons que les motivations locales sont également très fortes chez les électeurs de Nicolas Sarkozy, puisque 84 % d’entre eux tiendront compte du projet des candidats et 83 % du bilan du maire sortant. Chez les électeurs de Marine Le Pen, en revanche, les déterminants locaux pèsent sensiblement moins: 69 % évalueront le projet des candidats et 61 % le bilan du maire sortant. «Pour le moment, deux hypothèses sont possibles, estime Bruno Jeanbart. Soit il y aura une vraie déconnection entre les motivations locales et nationales, soit il est trop tôt pour que l’impopularité de l’exécutif se traduise dans les intentions de vote.»

 

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